Opérateurs financiers internationaux tirent leur succès de la crise migratoire

En ce début d’année, un intéressant reportage (« Money in Minute ») est sorti sur la chaîne Arte, expliquant comment les opérateurs financiers internationaux ont tiré leur épingle du jeu dans la crise migratoire que nous vivons dans les pays développés.

Western Union, MoneyGram, Flouss… Vous connaissez sûrement leurs bureaux de change aux 4 coins du monde, croisés lors de vos voyages. Ou vous avez pu faire appel à leurs services pour recevoir de l’argent d’un proche depuis la France suite à un souci financier à l’étranger (vol d’argent), pour envoyer de l’argent à un de vos proches à l’étranger… Mais ces opérateurs financiers internationaux sont fortement connus de la population migratoire de ces dernières années. Et voici la raison…

Dans ce reportage, trois « régions » du monde sont principalement citées: l’Europe, Les États-Unis et la péninsule arabique (comprenez ici les pays arabes à l’économie florissante). Tous ces pays qui continuent d’attirer au quotidien des migrants en recherche d’asile politique, d’une meilleure situation économique, ou tout simplement d’opportunités professionnelles.

Opérateurs financiers: la recette de leur succès

Le concept est simple: ces travailleurs migrants déposent de l’argent liquide pour un destinataire en Afrique, Asie ou Amérique latine, afin de nourrir leur famille ou faciliter leur quotidien plus rude. Beaucoup relanceront le débat de la fuite des capitaux dans un pays, mais dans le cas de ce reportage, le curseur a été déplacé sur ces opérateurs financiers.

Opérateurs financiers internationaux qui se prennent une marge sur chaque commission. Opérateurs financiers internationaux, pour qui la crise migratoire mondiale joue en leur faveur et participe pleinement à leur essor, à leur succès et à leur chiffre d’affaires. Opérateurs financiers internationaux, qui selon les derniers chiffres évoqués  par la Banque Mondiale, profite d’un marché de 420 milliards de dollars transférés CHAQUE ANNÉE par 200 millions de personnes qui travaillent dehors de leur pays.

Quand les journaux du monde annoncent chaque jour des vagues migratoires sans précédents, les opérateurs financiers à travers le monde peuvent se frotter les mains au lieu de paniquer.

Le succès des opérateurs financiers internationaux réside dans la crise migratoire

« Client de l’année » : le migrant

D’après Benjamin Schraven (Institut Allemand d’Aide au Développement), la condition sine qua non pour quitter leur pays est pour les migrants le transfert d’argent. Cet argent est envoyé par leurs proche depuis l’Europe ou les Etats-Unis. Une fois arrivés dans le pays en question, et la demande d’asile, ces transferts d’argent continuent cette fois des migrants vers les proches restés dans leur pays, car il faut quelques mois voire des années pour réunir des familles. Quand on arrive à les réunir, sans quoi les transferts d’argent continuent pour faciliter le quotidien de ceux qui sont restés (frais médicaux, frais de scolarité, frais de subsistance…).

Commissions qui travaillent

La logique de ces sociétés va plus loin encore. Pourquoi se contenter des commissions (frais facturés et spéculation des taux de change) quand on peut les faire fructifier. La détresse des uns fait place à la richesse des autres, mais cette richesse n’est pas correctement distribuée. En effet, ces compagnies détiennent l’équivalent d’une part importante du PIB dans certains pays, mais cet argent n’est pas pour autour réinvesti dans des projets de développement.

 

Les opérateurs financiers et leurs nouveaux enjeux

Avec un tel succès, il est normal de voir apparaitre de nouveaux acteurs sur le marché, de nouveaux moyens de transfert. Des opérateurs internet et télécom investissent le marché du transfert d’argent. Facebook, Paypal, Orange, et Apple facilitent le transfert d’argent par mobile entre particuliers.

Il n’en fallait pas plus aux plus grands opérateurs financiers international, comme Western Union, pour se sentir menacés et passer à l’offensive. « N’attendons pas que notre renommée ne donne plus le change, multiplions les partenariats dès maintenant! »

La logique est simple: la réputation d’une meute de jeunes lions est plus impressionnante que celle d’un vieux lion, même si le dernier a déjà fait ses preuves. Western Union concurrence donc Facebook et sa plateforme de transferts d’argent en lançant sa propre plateforme d’échange dématérialisée via smartphone. Le premier partenaire de Western Union est d’ailleurs avec WeChat, cette application de messagerie très populaire en Chine et parmi la diaspora chinoise. (600 millions d’utilisateurs, nombreux services mis à disposition: transfert d’argent, jeux, vidéo, messagerie instantanée, …) .

L’utilisateur a l’impression de bénéficier d’un service de transfert d’argent moins cher. Ces sociétés continuent d’ouvrir des bureaux partout dans le monde. Mais où partent ces frais facturés par ces plateformes?, Dieu seul le sait…

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